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Bienvenue chez Juliette

Pourquoi j'arr├¬te l'auto├ędition, ou quand la raison rattrape la passion...
Posté le 08/09/2018

Ce que je vais exposer dans cet article peut sembler évident, un enfonçage de portes ouvertes, la découverte du feu à l'ère du sabre laser, etc. Sauf qu'apparemment non, ce n'est pas si évident pour le grand public, et plus particulièrement pour la grosse majorité des autoédités.
En effet, en lisant les nombreuses réactions à propos de fiscalité et de statut de l'auteur autoédité, je me suis dit qu'il était temps de revenir sur mon expérience et faire un point sur le sujet. À l'heure de la mise en place du prélèvement à la source, je ne dois pas être la seule à m'interroger. Et puis le ras-le-bol de faire boule de flipper entre les différentes administrations, qui me renvoyaient sur la voisine, m'a saoulée (car oui, je les ai toutes sollicitées, voire relancées) tout en achevant le travail de sape.

Cette décision d'arrêter du jour au lendemain n'a pas été simple à prendre. Il a d'abord fallu composer avec la disparition de cinq ans et demi de travail d'un seul clic. Puis avec la sensation de ne plus exister en tant qu'autrice à part entière, mais comme fourmi industrieuse d’œuvres collectives.

J'ai commencé l'autoédition avec la novella Apprivoise-moi en mars 2013, alors que les ebooks vivaient l'effervescence de l'adolescence. Cela m'a permis d'être repérée, signée et éditée officiellement par "feu" les éditions La Bourdonnaye, jusqu'à ce que les sirènes de l'indépendance ne sifflent leur rappel avec insistance.
Après seize publications numériques autoéditées et une intégrale papier, écrites sous les noms de plume Juliette Di Cen et Mel Laregue, des dizaines de retours de lecture enthousiastes, mécontents ou mitigés, des milliers de lecteurs (dont il faudrait que je fasse le bilan définitif), on peut imaginer combien c'est dur de tout retirer du marché.

Désormais, les lecteurs ne pourront me croiser que dans les recueils Osez 20 histoires... de La Musardine, auxquels j'ai participé, ou grâce à une nouvelle que j'ai laissée gratuitement sur Kobo et la Fnac : Ne bouge pas !

Cette décision n'a pas été prise dans l'optique d'offrir un dépoussiérage ou une nouvelle vie à ces textes. Elle est régie par l'incompatibilité de mon statut professionnel (assimilé à celui des fonctionnaires) avec les obligations de l'administration fiscale. Or continuer sans cadre juridique clair est suicidaire. En effet, contrairement à ce que l'on croit, un fonctionnaire (ou assimilé) ne peut créer d'entreprise (ou de micro-entreprise) sans en demander l'autorisation à sa hiérarchie, et à condition que cette entreprise reste dans le cadre des activités à titre accessoire. À cela s'ajoute les restrictions dues à mon métier. Selon l'Instruction ministérielle des Armées n°230423 du 18 juillet 2013, si je peux produire des "œuvres de l'esprit", je ne peux être mon propre patron pour les vendre. Aussi, entre mon métier et ce job que je prends comme un loisir gentiment rémunérateur, le choix est vite fait.

Cela fait des années que le statut de l'auteur autoédité sur des plateformes numériques comme Amazon, Kobo/La Fnac, Google Play ou Apple Store, etc. pose un problème vis-à-vis de l'administration française, y compris pour les auteurs eux-mêmes. D'un agent du fisc à l'autre, vous n'obtenez jamais la même réponse. Pourtant, une constante ressort : l'auteur doit déclarer et se déclarer. Or si déclarer ses revenus aux impôts paraît évident (bien qu'il semblerait que certains s'en dispensent encore !) ce n'est qu'une partie du problème. Déclarer ses redevances d'Amazon en bnc, micro bnc, ou bic n'est pas suffisant.

Pour simplifier, En tant qu'autoédités, vous n'êtes pas considérés comme des auteurs, mais comme des éditeurs, voire des vendeurs. Ça semble évident pour les professionnels, mais c'est totalement opaque pour l'auteur néophyte. Et ce n'est pas l'entrefilet sur les taxes visible dans les conditions générales d'utilisation de kdp qui risque d'éclairer leur lanterne.
Bref. En France, vous devez avoir un statut juridique pour exercer cette activité. Les auteurs qui comme moi se sont fait refouler par l'Urssaf (si si, c'est possible) puis par l'Agessa (la sécurité sociale des auteurs) pour payer leurs cotisations sociales le savent bien ; UN AUTOÉDITÉ N'EST PAS UN AUTEUR. On parle de chiffre d'affaires, de recettes, redevances, en aucun cas de droits d'auteur (déjà amputés des charges sociales) !
Que l'on gagne 1 ou 1000 euros (et plus), l'obligation de s'immatriculer auprès de l'Urssaf reste la même. Après tout, pourquoi un éditeur relèverait du statut général et pas l'autoédité ?

Voici ce que m'a répondu un avocat fiscaliste après consultation, et pourtant, il se trompe sur un point fondamental ; ce n'est pas Amazon qui m'édite mais me vend, comme le fait un libraire (s'il m'éditait, il me verserait des droits d'auteur). Alors si même les professionnels se plantent...

"En dépit du fait que vous soyez tenue de vous immatriculer à l’URSSAF comme artiste-auteur, nous considérons que cela ne constitue pas en tant que tel une création d’entreprise mais entre dans l’exception au principe du non cumul comme production d’œuvres de l’esprit.
Vous pouvez vous immatriculer en précisant sur le formulaire que vous êtes écrivaine éditée sur Amazon (oui mais non, Amazon vend ce que j'écris et édite) et en joignant la réponse de l’AGESSA indiquant que vous ne relevez pas de leur organisme.
Nous vous déconseillons de ne pas vous immatriculer. Nous ne pouvons pas vous donner le montant exact du redressement que pourrait appliquer l’URSSAF si une taxation forfaitaire était appliquée. L’URSSAF reconstituerait votre comptabilité et appliquerait des majorations de retard. De plus, il pourrait y avoir un risque de travail dissimulé qui constitue une infraction pénale."

Au final, les conséquences sont identiques ; ne pas être dans les clous, c'est risquer le redressement, les pénalités, l'amende bien salée et la condamnation.
Ça fait cher payé au regard du petit ebook vendu 99 centimes !

Jeunes auteurs français autoédités, sachez que vous avez l'obligation de déclarer vos recettes issues de la vente de vos ebooks, de payer des impôts dessus, et des charges sociales.
ARRÊTEZ DE CROIRE QUE L'ARGENT VERSÉ PAR AMAZON RESTERA INTÉGRALEMENT DANS VOTRE POCHE !
C'est une question de survie !
Si écrire est une passion et non du commerce, que vous vous vivez artiste plutôt qu'artisan (argument nullissime pour refuser de payer impôt et Urssaf), partagez vos écrits gratuitement !

La facilité de l'autoédition via le net est un Eldorado de pacotille qui cache une montagne d'emmerdes pour ceux qui rejettent les contraintes administratives. On le prend comme un loisir alors qu'il s'agit d'un vrai travail avec des contraintes bien réelles. Pour celui qui est en règle, ça l'est, cet Eldorado, incontestablement. Jusqu'à un certain point.
Mais pour la grosse majorité des français qui balance des textes sur KDP, KWL, etc. c'est juste un moyen de se divertir et gagner un peu d'argent de poche. Or le jour où l'administration fiscale se penchera sur leur cas, ce ne sont pas à ces sites basés à l'Étranger et brassant des milliards d'euros qu'elle va demander des comptes, mais à l'autoédité.
Sachez enfin qu'elle peut éplucher les revenus sur les cinq dernières années.

Je comprends la difficulté de lâcher les droits et le processus créatif de son oeuvre, en acceptant les conditions imposées dans un contrat d'édition, alors que jusque-là, on était habitué à tout gérer et à toucher 70% du prix d'un ebook. Sauf que les clauses, ça se négocie. Vous voulez être pris au sérieux ? Agissez comme des professionnels, et refusez les clauses qui vous semblent abusives, plutôt que vouloir être publié à tout prix ! Pour cela, renseignez-vous. Il existe suffisamment de forums d'auteurs, que ce soit pour décrypter un contrat ou avertir sur l'éditeur qui veut vous signer.

Je comprends aussi l'impatience de se lancer sur le marché, plutôt qu'attendre des mois (parfois des années) une réponse des éditeurs. Je comprends encore plus la difficulté de quitter l'autoédition, car trouver un éditeur "sérieux" qui accepte un manuscrit n'est pas chose aisée. On sélectionne les éditeurs à qui on souhaite soumettre, mais au final, c'est l'éditeur qui choisi d'éditer notre manuscrit. Les avantages sont tout de même incontournables pour ceux qui n'ont pas créé de micro-entreprise (et ne le peuvent pas pour des questions d'incompatibilité de statut). Et la tranquillité d'esprit, parfois, ça n'a pas de prix pour créer !

Alors, quel avenir pour mes histoires ?

Je me penche actuellement sur la publication via des sites comme Wattpad. Je n'exclus pas de les proposer à des éditeurs. Encore faut-il qu'ils en veuillent. Mais en attendant, je poursuis le chemin de la soumission lors de petits appels à textes, en espérant qu'un statut clair et simple voit le jour rapidement pour l'autoédition.


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Juliette Di Cen, Septembre 2018, tous droits réservés


Paru le : 14/06/2018

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Osez... 20 histoires sea sex & sun

L'été sera chaud, l'été sera chaud...
Sea, sex & sun, chantait Gainsbourg à la fin des années 1970 dans une France insouciante et joyeuse. Portées par un vent de liberté qui a traversé les décennies, les notes de cette mélodie populaire imprègnent chaque page de ce nouveau recueil de la collection " Osez 20 histoires ". Initiation au sexe entre filles sur une plage bretonne, baise décomplexée dans le wagon surchauffé d'un train du sud de la France, remake porno de Bienvenue chez les ch'tis sur une plage du Nord, étreinte torride sur la dune du Pilat mêlant un homme entre deux âges et une Lolita tombée du ciel... Ce recueil vous fera voyager dans tous les sens du terme et ne contredira pas le refrain de cette autre chanson populaire : l'été sera chaud !


Un thème fait pour l'été, à lire sur la plage ou dans le train vers les vacances ! Et vous aurez l'occasion de retrouver ma nouvelle Crème solaire, café et l'addition, s'il-vous-plaît !. À lire sans modération !
Format: Format poche

Lien amazon Lien la Fnjac

Posté le : 16/10/2016

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Le lagon bleu de Randal Kleiser

Résumé
A la fin du XIX ème siècle et à la suite d'un naufrage, Emmeline, son cousin Richard et Paddy, le cuisinier du bateau, échouent sur une île paradisiaque riche en fruits, eau et poissons. Au fil des jours, ils apprennent à se familiariser avec ce nouvel environnement. La mort de Paddy laisse les deux enfants livrés à eux-mêmes. S'étant adaptés au fil des ans et une fois devenus adolescents, ils finissent par s'éveiller à l'amour...


Qu'en ai-je pensé
Pour qui a vécu son adolescence dans les années 80, Le lagon Bleu ne peut que lui rappeler des souvenirs. C'est l'idée d'une époque révolue, nostalgique, fugace, où la beauté d'une actrice pouvait devenir une référence culturelle, où la sensualité pouvait être montrée sans verser dans la vulgarité, où filmer les amours adolescentes ne signifiait pas pour autant tomber dans la mièvrerie aseptisée des productions US contemporaines.

L'histoire, inspirée de celle de Paul et Virginie, est tirée d'un roman de l'écrivain victorien Henry DeVere Stacpoole.
Elle a été adaptée par un passionné. En effet, Randal Kleiser nourrissait depuis longtemps l'envie d'en réaliser une nouvelle version après celle de 1949 avec Jean Simmons.

Constituée de scènes d'initiation, de romance et d'aventures, cette version-là a su traverser les décennies sans verser dans le kitsch. La splendeur des paysages naturels des îles Fidji, la musique classique d'un romantisme merveilleux, le physique avantageux des acteurs, tout cela a contribué à transformer ce film en œuvre intemporelle d'une beauté plastique évidente.

On ne peut parler de ce film sorti en 1980 sans évoquer Brooke Shields, dont la photogénie éclabousse l'écran. L'actrice deviendra pendant des années LA référence des teen-agers américaines et françaises. Je me souviens encore des romans ado qui la citaient comme exemple idéal de la jeune fille en fleur. Son film suivant, Endless Love la rendra légendaire.

Certes, le jeu des acteurs est assez médiocre, le scénario facile et certaines scènes redondantes. Mais une fois plongé dans le film, les défauts s'effacent, on se laisse happer et emporter par l'expérience.

La fin habile est un modèle du genre ; elle permet à l'aventure de ne pas cesser brusquement et prolonge le rêve (ou le fantasme) de ces Robinson d'un nouveau genre.

Une suite existe, tournée en 1991.
Retour au lagon bleu avec la ravissante Milla Jovovich qui débutait et Brian Krause ("Charmed"), dévoile la vérité sur cette fin mystérieuse, avant d'enchaîner sur une histoire quasi identique et agréable, sans parvenir toutefois à surpasser l'original.