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Bienvenue chez Juliette

Meet the Chiante, copine à couettes de mÔsieur Connard
Posté le 10/11/2016

Si le connard est devenu incontournable dans la romance, il est un personnage qui n’a rien à lui envier.

Ne voyez pas en ce petit article du female bashing ; vous connaissez mon amour pour les héroïnes, ce sont elles qui portent mes histoires, ce sont elles qui provoquent le coup de cœur dans la majorité de mes lectures.

Les romances des années 80 ont connu leur lot de working girls, rattrapées par le rôle de femme au foyer énamourée dans le dernier chapitre. Je n'ai rien contre les femmes au foyer, soyons clairs. Mais cet aspect systématique de la romance a tendance à me faire grincer des dents. À croire qu’il était incompatible pour une femme de nourrir des ambitions professionnelles (ou personnelles autres que tournant autour de son couple) après sa rencontre avec l’Homme.

Grâce à des personnages comme Dana Scully (X-Files), Anita Blake, Miss Parker (le Caméléon), Lara Croft (Tomb Raider) ou Buffy, les années 90 virent débarquer des héroïnes fortes, indépendantes, intelligentes, et surtout sorties du rôle de love interest d’un héros tous biceps dehors. Enfin des femmes dont on n’attendait pas l’abandon d’un pouvoir, d’une mission, d’une passion pour jouer les ménagères béates. Et les plus romantiques faisaient enfin preuve d’un humour décapant, à l’image de Carrie et ses copines ou de Bridget Jones.

Puis vinrent les années 2000 avec leur cohorte de molles, de passives (Bella, si tu me lis…), ou à l’opposée, de caricatures de garçons manqués, mollardant au pied d’un héros qui n’en demandait pas tant, comme une manière de lui déclarer : « Je suis une femme libérée, on baise (ceci n’est pas une question) ».
Pour passer le casting d’héroïne certifiée conforme, ça se jouait donc entre le QI d’une amibe et le raffinement d’un Homer Simpson.
Gloups.

Recul du féminisme militant assimilé à de l’hystérie, repli sur soi, dénie de l’ambition professionnelle au profit d’un culte artificiel du paraître, autant de paramètres qui ont étrangement permis l’éclosion de la chiante, déclinaison banalisée de la femme moderne. Oh, elle existait déjà, ne nous leurrons pas. Mais c’est devenu une norme de l’héroïne contemporaine, ce qui est plus surprenant.

Dotée d’un job alimentaire si ses études (de lettres, de socio, d’art, etc. selon les derniers romans du genre) sont terminées, mais pas suffisamment investie pour faire carrière, jolie (parfois, son seul atout) mais inconsciente de l’être, pas spécialement drôle ni particulièrement cultivée, elle a tout de la figurante faisant tapisserie. Jusqu'à ce qu'elle se fasse remarquer du héros (notez encore une fois le côté passif de la demoiselle).
Mais dès qu’elle se retrouve en présence de son futur amoureux, son caractère se révèle et les choses se gâtent pour les lectrices comme moi.

Souvent bornée comme un âne, revêche ou niaise, pleutre malgré les tentatives désespérées de l’auteur pour transformer ça en qualité, la chiante subit les évènements en couinant, provoquant des disputes démesurées avec le héros quand il s’approche de trop près, aboie pour un oui ou un non sans réaliser l’image que ça renvoie.
L’héroïne chiante se fait un devoir de se montrer sous le jour le plus désagréable, confondant relations conflictuelles et joutes intellectuelles, tout en bavant secrètement sur l’adversaire.

Facile à reconnaître, c’est celle qui invoque l’esprit démoniaque des princesses Disney lorsque le séduisant patron/lord/guerrier lui conte fleurette, c’est celle qui brandit le panneau F**K YOU, I'M FEMINIST quand on lui tient la porte et hurle à la mort quand on la lui claque au nez, c’est celle qui fait un scandale quand on la sauve (Lâchez-moi, je sais nager ! Oh. Tiens. Je coule.), c’est celle qui geint sur son passé dramatique, faisant passer un gamin de six ans dans une usine pakistanaise pour un petit con gâté, c’est aussi la niaise qui tolère les pires sévices parce que son bourreau est au choix :
trop beau,
trop riche,
trop beau,
trop charismatique,
j’ai dit qu’il était sexy ?
Jusqu’à s’asseoir sur son amour-propre après avoir été torturée, humiliée ou violée (si, si, dans la romance nouvelle génération, on peut convoler avec lui après ça), jurant bien évidemment de se venger, mais plus tard (après le mariage, après la saison des quetsches ou la perception d’un cerveau en état de marche), c’est celle « qui court comme une fille, se bat comme une fille » pour reprendre les stéréotypes dénoncés par des serviettes hygiéniques - paye ta référence ! - celle qui ferait grimacer n’importe quel type si le physique était moins avantageux, celle qui piaille comme une mégère ou jure comme un charretier puis fait sa chochotte au premier ongle cassé, celle qui se donne des airs d’amazone intrépide et se conduit comme une dinde fourrée un 24 décembre, celle qui réagit comme une merdeuse de huit ans dans le corps d’une trentenaire (Oui. Non. Pas celle-là, c’est moi), celle qui tombe enceinte d’un parfait inconnu et s’en étonne (les capotes, c’est pas seulement du caoutchouc recyclé), etc.

En fait, l'héroïne chiante relève parfois d'une erreur involontaire de son auteur, qui a confondu avoir du caractère et être caractérielle. Question de dosage, et parfois aussi de réalisme. Les héroïnes chiantes sonnent souvent un peu creux, elles sont dans la surenchère permanente, rarement dans la réflexion.

Bref, tu l’auras compris, l’héroïne chiante, c’est pas ma copine.

Est-ce trop demander une femme qui assume ses désirs, se montre ambitieuse sans en concevoir de complexes, s’implique, se montre courageuse, curieuse ou tendre sans craindre d’être prise pour une faible femme, et qui, à l’occasion, et sans se départir de son élégance, écrase les orteils du héros avec ses talons de douze quand il connardise un peu trop ?

Heureusement non, ce n’est pas trop demander !
De supers autrices permettent à ces héroïnes de trouver le roman idéal pour leur histoire. Merci à elles, et longue vie à l’héroïne cool, fofolle sans avoir besoin d'être trépanée à sec, mature, ou juste normale !


Juliette Di Cen, novembre 2016, tous droits réservés


Paru le : 20/06/2016

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Ne bouge pas !

"Sans vouloir vous commander, Monsieur, vous allez rester sans bouger et me laisser faire de vous ce qu'il me plaira."

Combien de fois ai-je eu envie de prononcer ces mots ?
Reste à savoir s'il est prêt à céder le pouvoir...


Laissez-vous séduire par une mise en bouche proposée par Juliette Di Cen, et découvrez son univers à travers cette courte nouvelle.

Format: 16 pages (numérique)

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Posté le : 16/10/2016

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Le lagon bleu de Randal Kleiser

Résumé
A la fin du XIX ème siècle et à la suite d'un naufrage, Emmeline, son cousin Richard et Paddy, le cuisinier du bateau, échouent sur une île paradisiaque riche en fruits, eau et poissons. Au fil des jours, ils apprennent à se familiariser avec ce nouvel environnement. La mort de Paddy laisse les deux enfants livrés à eux-mêmes. S'étant adaptés au fil des ans et une fois devenus adolescents, ils finissent par s'éveiller à l'amour...


Qu'en ai-je pensé
Pour qui a vécu son adolescence dans les années 80, Le lagon Bleu ne peut que lui rappeler des souvenirs. C'est l'idée d'une époque révolue, nostalgique, fugace, où la beauté d'une actrice pouvait devenir une référence culturelle, où la sensualité pouvait être montrée sans verser dans la vulgarité, où filmer les amours adolescentes ne signifiait pas pour autant tomber dans la mièvrerie aseptisée des productions US contemporaines.

L'histoire, inspirée de celle de Paul et Virginie, est tirée d'un roman de l'écrivain victorien Henry DeVere Stacpoole.
Elle a été adaptée par un passionné. En effet, Randal Kleiser nourrissait depuis longtemps l'envie d'en réaliser une nouvelle version après celle de 1949 avec Jean Simmons.

Constituée de scènes d'initiation, de romance et d'aventures, cette version-là a su traverser les décennies sans verser dans le kitsch. La splendeur des paysages naturels des îles Fidji, la musique classique d'un romantisme merveilleux, le physique avantageux des acteurs, tout cela a contribué à transformer ce film en œuvre intemporelle d'une beauté plastique évidente.

On ne peut parler de ce film sorti en 1980 sans évoquer Brooke Shields, dont la photogénie éclabousse l'écran. L'actrice deviendra pendant des années LA référence des teen-agers américaines et françaises. Je me souviens encore des romans ado qui la citaient comme exemple idéal de la jeune fille en fleur. Son film suivant, Endless Love la rendra légendaire.

Certes, le jeu des acteurs est assez médiocre, le scénario facile et certaines scènes redondantes. Mais une fois plongé dans le film, les défauts s'effacent, on se laisse happer et emporter par l'expérience.

La fin habile est un modèle du genre ; elle permet à l'aventure de ne pas cesser brusquement et prolonge le rêve (ou le fantasme) de ces Robinson d'un nouveau genre.

Une suite existe, tournée en 1991.
Retour au lagon bleu avec la ravissante Milla Jovovich qui débutait et Brian Krause ("Charmed"), dévoile la vérité sur cette fin mystérieuse, avant d'enchaîner sur une histoire quasi identique et agréable, sans parvenir toutefois à surpasser l'original.