Banniere



Bienvenue chez Juliette

Balance Ton Porc (pas le saucisson, l'autre, là, le moisi du slip)
Posté le 17/10/2017


De mémoire, je crois que c’est la première fois qu’on voit autant de femmes sortir du placard. Rien à voir avec une façon d'assumer leur propre sexualité, mais tout à voir avec celle de leurs agresseurs.
À titre personnel, ce matin, j'ai hésité à parler de ma propre expérience, avant de réaliser que le silence permettait aux salopards d'agir en toute impunité. Bien qu'ayant par la suite décidé de masquer mon témoignage, j'ai conservé le hashtag MeToo. Il m'a semblé nécessaire de ne pas ôter mon cas du décompte des victimes. Oh, je n'ai rien vécu de dramatique, juste des anecdotes désagréables, enfant, adolescente ou adulte. D'ailleurs, je ne me vois pas comme une victime. Mais dans les faits, je le suis.
Et c'est peut-être là notre problème, en général. Nous banalisons tellement notre expérience que nous en occultons l’infamie. Que ce soit pour ne pas avoir à l'expliquer, ne pas avoir à se justifier, ou ne pas avoir honte de soi.

Ces dernières années, la médiatisation des agressions sexuelles (Strauss-Kahn, Bill Cosby, Stephen Collins le révérend Camden de Sept à la maison, aujourd’hui Harvey Weinstein, en France les affaires Baupin, Polanski, ou David Hamilton) a révélé la difficulté de porter plainte, et plus simplement de témoigner à visage découvert. On nous affirmait que Sainte Justice avait enfin pris en compte les souffrances endurées par les victimes. Sauf que la réalité est tout autre.
La victime sait qu'elle va en sortir dégradée, salie, lessivée. Ce n'est pas Tristane Banon qui dira le contraire. Soumise à caution dès le départ, l’agression finit souvent par être tournée en dérision, minimisée, remise en question (« prétendue », « supposée »), niée voire classée sans suite dans la majorité des cas. Elle peut aussi se retourner contre la victime, car l'agresseur se montre étonnamment prompt à répliquer (plainte pour diffamations ou dénonciation calomnieuse), et bizarrement, Sainte Justice se montre encore plus prompte pour trancher ces derniers cas au profit du plaignant. Justice dépassée, justice misogyne ? À vous de juger...

Dans ces affaires, les réflexions indignes, même pour un niveau "café du commerce", fleurissent. Qui pour ricaner grassement, qui pour déplorer une chasse aux sorcières en se sentant persécuté (le sujet, ce n'est pas les hommes, mais les victimes et leurs agresseurs), qui pour hurler à la manipulation (les bonnes femmes font ça pour qu'on parle d'elles), qui traiter de lâches celles qui refusent de porter plainte, qui pour douter de leurs intentions (elles ont accepté pour leur carrière). La question du consentement ? Tellement secondaire qu'on se demande si le mot a été répertorié dans le dictionnaire.
De toute façon, tout se réduit à ça : s'il n'y a pas de plainte, il n'y a pas d’agression. Point.

C'est fantastique le nombre de témoins de moralité de l'agresseur qu'on peut lire dans les commentaires faisant suite à certains articles. C'est merveilleux le nombre de magistrats officieux qui condamnent l'hystérie collective quand elle est féminine... À titre d'exemple, ce formidable « de toute façon, ce sont toutes des putes prêtes à tout pour avoir un rôle » venant d’un collègue, à propos de ces actrices agressées ou harcelées. Mais oui, voilà la solution. Renvoyons la femme publique au seul rôle public admis par une population d'hommes auto-satisfaits...
Édifiant.
Je ne soulève même pas la façon dont sont perçus les hommes victimes d'actes similaires. On renvoie si facilement la femme à un état de petite chose fragile et hystérique, alors l'homme, lui, a forcément tourné lopette dans l’esprit collectif des mono-neurones.

Le mouvement initié par l’affaire Weinstein aura au moins permis de libérer la parole. Je n’ai jamais vu autant de personnalités oser cartonner un producteur tout-puissant, AVANT que l’affaire n’explose dans les médias (les soupçons de "suivre un mouvement pour faire le buzz" sont si faciles à jeter pour discréditer la parole d'une victime). Car c’est en s'appuyant sur leurs témoignages que cette affaire a pu sortir. Et c’est grâce à ceux-ci que d’autres victimes ont osé en parler. C'est en suivant leur exemple que chaque femme concernée par un cas de harcèlement ou d'agression s'est sentie légitime pour raconter son histoire publiquement, ou partager un hashtag.

Ce que n’ont pas compris nos piliers de comptoir, c’est qu’en parlant, la victime active un processus de reconstruction. Les victimes sortent du silence, elles entrent en contact et se regroupent, la chaîne de soutien s’organise, offrant une portée inédite à leur parole, une puissance de feu qu’une accusation solitaire ne possédait pas jusqu’alors. D’autant qu’il est difficile d'endiguer l’information quand elle passe par le net.
C’est ainsi qu’on a vu le Festival de Cannes reculer après le tollé Polanski,
des icônes de « bons pères de famille » (Cosby, Collins) bouffer leur réputation par la racine, alors qu’ils se pensaient intouchables, comme Weinstein malgré son réseau surpuissant et son pognon.
Glorifier un agresseur en mettant un mouchoir pudique sur ses actes est devenu intolérable. Le cas Inrock/Cantat est exemplaire. L'impunité et la bienveillance complice dont ont bénéficié ces célébrités sont en train de s'effriter. Et ça entraîne un effet boule de neige difficilement quantifiable. Le moyen terme nous en dira plus sur la portée de ce mouvement.
Toujours est-il que les militants ont le meilleur des outils pour opérer des piqûres de rappel. Désormais, chaque citoyen qui se sent concerné, peut agir.

Il y a du boulot, c'est sûr. Commencer par éduquer les plus jeunes, ré-inculquer les bases du respect de l'autre aux moins jeunes, et ainsi pousser la législation à lutter plus énergiquement contre un système patriarcal sexiste et archaïque. Ça paraît bête comme chou, et pourtant s'il y a autant d'inégalités et d'agressions, c'est qu'à un moment, notre éducation a merdé. À force de prendre notre système inégalitaire pour argent comptant, la population "à risque" a adapté son comportement pour échapper à ces actes odieux. Or survivre, ce n'est pas suffisant. Nous devons prendre nos responsabilités et apprendre de nos erreurs. Ce n'est pas aux victimes de se sentir coupables, mais à leurs agresseurs.
Et pour cela, il faut casser ce sentiment d'impunité.
Interviennent alors les lanceurs d'alerte. Leur influence de plus en plus importante, leur façon de proposer des articles et des vidéos d'information est particulièrement intéressante. Mettre l'info à la portée de tous permet d'aiguiser les consciences sur un problème donné.
Il devient difficile de rester aveugle.

Pour qu’un jour, l’absence de consentement des victimes ne soit plus sujet à caution.
Pour qu’un jour, plus aucune victime ne trouve banal d’avoir été agressée ou harcelée.
Pour qu’un jour, plus aucune victime ne redoute le mépris de sa souffrance par des instances censées la protéger.
Pour qu’un jour, l’agresseur sache que ses actes seront systématiquement punis.
Pour qu’un jour le fatalisme et la résilience forcée ne soit plus l’unique choix.

Quant aux cyniques qui rigolent de la souffrance d'autrui, à ceux qui ont des "va déposer plainte sinon tais-toi" plein la bouche pour museler la parole des victimes, à ceux qui ont besoin de voir le sang couler pour prendre l'agression au sérieux, aux paranoïaques et aux geignards qui ont besoin de tout ramener à eux alors que le sujet ne les concerne pas (à moins de se sentir péteux ou coupable), à ceux qui refusent d'évoluer tant que la société ne leur broie ni les couilles ni le portefeuille, il n'y aura qu'une seule réponse :



#BalanceTonPorc
#MeToo


Paru le : 21/09/2017

exemple

Osez... 20 histoires de plans à trois

Le plan à trois est sans doute un des fantasmes les plus répandus, chez les hommes comme chez les femmes. Et il offre des possibilités illimitées. Découvrez-les au fil de ces 20 nouvelles éro­tiques qui vous conduiront tour à tour dans un pub en Écosse où un couple de timides français se laissent envoûter par un beau marin local, dans la salle de répétition d’un pianiste classique uni par un lien pervers aux deux musiciennes qui l’accompagnent, dans le délire candauliste d’un homme qui pilote à distance un plan à trois avec sa femme par webcam interposée, dans l’atelier d’un peintre qui se laisse inspirer par ses muses plus que la décence ne l’autorise… Et autre configurations toutes plus imaginatives et excitantes les unes que les autres !

Vous pouvez retrouver ma nouvelle sous le titre El Godomisator, ou quand le plan à trois nous joue un double mixte. Tout un programme...

Format: Format poche et numérique à venir

Lien amazon Lien la Fnjac

Posté le : 16/10/2016

exemple

Le lagon bleu de Randal Kleiser

Résumé
A la fin du XIX ème siècle et à la suite d'un naufrage, Emmeline, son cousin Richard et Paddy, le cuisinier du bateau, échouent sur une île paradisiaque riche en fruits, eau et poissons. Au fil des jours, ils apprennent à se familiariser avec ce nouvel environnement. La mort de Paddy laisse les deux enfants livrés à eux-mêmes. S'étant adaptés au fil des ans et une fois devenus adolescents, ils finissent par s'éveiller à l'amour...


Qu'en ai-je pensé
Pour qui a vécu son adolescence dans les années 80, Le lagon Bleu ne peut que lui rappeler des souvenirs. C'est l'idée d'une époque révolue, nostalgique, fugace, où la beauté d'une actrice pouvait devenir une référence culturelle, où la sensualité pouvait être montrée sans verser dans la vulgarité, où filmer les amours adolescentes ne signifiait pas pour autant tomber dans la mièvrerie aseptisée des productions US contemporaines.

L'histoire, inspirée de celle de Paul et Virginie, est tirée d'un roman de l'écrivain victorien Henry DeVere Stacpoole.
Elle a été adaptée par un passionné. En effet, Randal Kleiser nourrissait depuis longtemps l'envie d'en réaliser une nouvelle version après celle de 1949 avec Jean Simmons.

Constituée de scènes d'initiation, de romance et d'aventures, cette version-là a su traverser les décennies sans verser dans le kitsch. La splendeur des paysages naturels des îles Fidji, la musique classique d'un romantisme merveilleux, le physique avantageux des acteurs, tout cela a contribué à transformer ce film en œuvre intemporelle d'une beauté plastique évidente.

On ne peut parler de ce film sorti en 1980 sans évoquer Brooke Shields, dont la photogénie éclabousse l'écran. L'actrice deviendra pendant des années LA référence des teen-agers américaines et françaises. Je me souviens encore des romans ado qui la citaient comme exemple idéal de la jeune fille en fleur. Son film suivant, Endless Love la rendra légendaire.

Certes, le jeu des acteurs est assez médiocre, le scénario facile et certaines scènes redondantes. Mais une fois plongé dans le film, les défauts s'effacent, on se laisse happer et emporter par l'expérience.

La fin habile est un modèle du genre ; elle permet à l'aventure de ne pas cesser brusquement et prolonge le rêve (ou le fantasme) de ces Robinson d'un nouveau genre.

Une suite existe, tournée en 1991.
Retour au lagon bleu avec la ravissante Milla Jovovich qui débutait et Brian Krause ("Charmed"), dévoile la vérité sur cette fin mystérieuse, avant d'enchaîner sur une histoire quasi identique et agréable, sans parvenir toutefois à surpasser l'original.