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Bienvenue chez Juliette

J'en ai marre, j'abandonne !
Posté le 19/01/2018


On reproche souvent aux auteurs qui chroniquent leurs lectures, de juger le travail de leurs pairs, laissant ainsi planer le soupçon d’un avis partial, entaché de jalousie (en oubliant qu’un lecteur exigeant peut se montrer encore plus intraitable avec ses propres textes). Or lire et écrire sont deux activités totalement différentes.
Quand on lit, on passe un contrat implicite avec l’auteur, et on entend que ce contrat soit respecté. Chaque individu a des attentes différentes quand il lit ; être diverti, surpris, instruit, sorti de son quotidien ou de sa zone de confort, émerveillé, etc. Ce rôle de «consommateur», se heurte à notre culture française, plus encline à minimiser l’aspect commercial, afin de ne pas abimer l’aura artistique de l’œuvre.

Depuis quelques années (depuis une immersion à 100% dans la fiction), mon contrat de lecture s’est affûté ; je recherche des personnages bien construits, une histoire distrayante rédigée dans un style "classique". Pas de fioritures, des exigences plutôt raisonnables.
C’est pourquoi ça me gratte la fierté d’abandonner un livre soigneusement sélectionné. Le petit traumatisme, c'est de devoir manœuvrer entre un sentiment de gâchis (perte de temps ou d’argent), un aveu de faiblesse (ne pas avoir le courage d’aller jusqu’au bout), et de culpabilité (pauvre petit livre laissé dans un coin).
Lorsqu’un roman commence à traîner sur ma table de nuit, je sais qu’il va devenir un problème. Le blocage annonce un moratoire sur tous les autres, comme si mon cerveau se mettait en indisponibilité.

Mais alors, pourquoi l’abandonner plutôt que le mettre de côté ?

En cinq ans, entre les recommandations des contacts et les suggestions alléchantes, ma PAL s’est sérieusement alourdie. Et comme toute bonne acheteuse compulsive, la quantité de livres en attente a vite dépassé mes capacités d’absorption. Il a alors fallu prendre une décision radicale : « toi tu vis, toi tu vis, toi tu crèves ».

Comment ça se traduit dans les faits ?

Le contrat de base n’est pas rempli.
Dès les premiers chapitres (oui, bon, quelques pages peuvent suffire...), on sait que ce livre-là, on va passer à côté. Une forme ou un propos qui ne conviennent pas, et nos espoirs s'écroulent. Un exemple récent : sélection d’une romance feel-good d’une autrice française très appréciée par ailleurs. Après quelques pages de son roman, j'avais l'impression de buter sur chaque mot, sans parvenir à entrer dans l’histoire. Si cela n’a pas été le seul souci rencontré avec ce texte, cela a grandement contribué à son abandon.

Le contrat de base semble correct, mais le recul a fait évoluer le ressenti.
J’ai eu le cas avec Le divin enfer de Gabriel. Débuté un soir, j’ai apprécié la relation entre les protagonistes, tout en reprochant certaines lourdeurs (répétitions, digressions et niaiserie du personnage féminin). Poursuivi le jour suivant, le roman m’est tombé des mains. Les défauts notés plus tôt m’étaient devenu rédhibitoires. En me forçant pour arriver au bout, j’ai fini par détester ce roman. C’est quand-même con !

Le contrat de base est rempli mais on n’est pas dans de bonnes dispositions pour lire CE roman à CE moment-là.
Un mauvais timing, c’est juste une incompatibilité d’humeur, et ça peut se « réparer ». Je ne suis pas la seule à avoir buté sur le tome 1 du Seigneur des Anneaux (en particulier l'épisode "Tom Bombadil"). Laissé en jachère pendant plus d’un an, le livre s’approchait dangereusement du carton de la honte (mais si, tu sais, celui prévu pour finir au grenier ou dans les trucs à donner), lorsque l’envie est revenue. J’ai alors zappé les chapitres qui m’avaient bloquée, et enchaîné la lecture des trois tomes sur deux semaines. Quelques années plus tard, j’ai enfin pris plaisir à découvrir ces chapitres occultés.

En vérité, il me semble qu’avec l’âge, le seuil de tolérance baisse, on perd plus vite patience quand on a la sensation de ne pas avoir assez de temps. D’où une faculté plus grande de passer à autre chose sans état d'âme. Bien-sûr, en s’obstinant, on peut avoir de belles surprises. Toutefois, on reste seul.e face à son livre. La lecture "loisir" est une expérience bien trop solitaire pour s'encombrer d'obligations.

Je crois pour ma part que le plus dur reste d'accepter que certains romans, voire certains auteurs, ne sont pas faits pour nous.


Juliette Di Cen, janvier 2018, tous droits réservés


Paru le : 14/06/2018

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Osez... 20 histoires sea sex & sun

L'été sera chaud, l'été sera chaud...
Sea, sex & sun, chantait Gainsbourg à la fin des années 1970 dans une France insouciante et joyeuse. Portées par un vent de liberté qui a traversé les décennies, les notes de cette mélodie populaire imprègnent chaque page de ce nouveau recueil de la collection " Osez 20 histoires ". Initiation au sexe entre filles sur une plage bretonne, baise décomplexée dans le wagon surchauffé d'un train du sud de la France, remake porno de Bienvenue chez les ch'tis sur une plage du Nord, étreinte torride sur la dune du Pilat mêlant un homme entre deux âges et une Lolita tombée du ciel... Ce recueil vous fera voyager dans tous les sens du terme et ne contredira pas le refrain de cette autre chanson populaire : l'été sera chaud !


Un thème fait pour l'été, à lire sur la plage ou dans le train vers les vacances ! Et vous aurez l'occasion de retrouver ma nouvelle Crème solaire, café et l'addition, s'il-vous-plaît !. À lire sans modération !
Format: Format poche

Lien amazon Lien la Fnjac

Posté le : 16/10/2016

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Le lagon bleu de Randal Kleiser

Résumé
A la fin du XIX ème siècle et à la suite d'un naufrage, Emmeline, son cousin Richard et Paddy, le cuisinier du bateau, échouent sur une île paradisiaque riche en fruits, eau et poissons. Au fil des jours, ils apprennent à se familiariser avec ce nouvel environnement. La mort de Paddy laisse les deux enfants livrés à eux-mêmes. S'étant adaptés au fil des ans et une fois devenus adolescents, ils finissent par s'éveiller à l'amour...


Qu'en ai-je pensé
Pour qui a vécu son adolescence dans les années 80, Le lagon Bleu ne peut que lui rappeler des souvenirs. C'est l'idée d'une époque révolue, nostalgique, fugace, où la beauté d'une actrice pouvait devenir une référence culturelle, où la sensualité pouvait être montrée sans verser dans la vulgarité, où filmer les amours adolescentes ne signifiait pas pour autant tomber dans la mièvrerie aseptisée des productions US contemporaines.

L'histoire, inspirée de celle de Paul et Virginie, est tirée d'un roman de l'écrivain victorien Henry DeVere Stacpoole.
Elle a été adaptée par un passionné. En effet, Randal Kleiser nourrissait depuis longtemps l'envie d'en réaliser une nouvelle version après celle de 1949 avec Jean Simmons.

Constituée de scènes d'initiation, de romance et d'aventures, cette version-là a su traverser les décennies sans verser dans le kitsch. La splendeur des paysages naturels des îles Fidji, la musique classique d'un romantisme merveilleux, le physique avantageux des acteurs, tout cela a contribué à transformer ce film en œuvre intemporelle d'une beauté plastique évidente.

On ne peut parler de ce film sorti en 1980 sans évoquer Brooke Shields, dont la photogénie éclabousse l'écran. L'actrice deviendra pendant des années LA référence des teen-agers américaines et françaises. Je me souviens encore des romans ado qui la citaient comme exemple idéal de la jeune fille en fleur. Son film suivant, Endless Love la rendra légendaire.

Certes, le jeu des acteurs est assez médiocre, le scénario facile et certaines scènes redondantes. Mais une fois plongé dans le film, les défauts s'effacent, on se laisse happer et emporter par l'expérience.

La fin habile est un modèle du genre ; elle permet à l'aventure de ne pas cesser brusquement et prolonge le rêve (ou le fantasme) de ces Robinson d'un nouveau genre.

Une suite existe, tournée en 1991.
Retour au lagon bleu avec la ravissante Milla Jovovich qui débutait et Brian Krause ("Charmed"), dévoile la vérité sur cette fin mystérieuse, avant d'enchaîner sur une histoire quasi identique et agréable, sans parvenir toutefois à surpasser l'original.