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Les chroniques de Juliette

Posté le : 19/09/2015

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Chasse à mort par Dean R. Koontz

Résumé
Un cri dans la nuit...
Terrifiant, inhumain, un condensé de cruauté. Quel prédateur a pu à ce point mutiler les cadavres de ses malheureuses victimes ?
Le cœur battant, Travis Cornell s'interroge. Lui, le vétéran des commandos, n'est sûr que d'une chose ; la créature dans les fourrés, là, juste derrière lui, est de loin le tueur le plus sanguinaire qu'il ait jamais eu à affronter. Et c'est à sa vie qu'en veut cet être assoiffé de carnage.
Tout a commencé par la rencontre d'Einstein, le chien hors du commun, le compagnon merveilleux qu'il s'est juré de ne jamais abandonner. Mais l'animal n'est pas arrivé seul...
Quelle est donc cette chose dans son sillage ? ce poursuivant de l'ombre, dont on murmure le nom en tremblant : l'Autre...

Mon avis
Je viens de le relire, et ce qui m'a frappé, près de 20 ans après l'avoir découvert (non, ne sois pas désobligeant face à mon grand âge ^^), c'est la modernité du sujet, et surtout celle de l'écriture. C'est le propre des grands : être intemporel.

A l'instar de Stephen King, dont la plume parfois malsaine peut dérouter, Dean R. Koontz est un des mes auteurs préférés. Je n'ai jamais été déçue par un de ses romans. Déconcertée, oui, parfois, mais les ingrédients qu'il utilise dans des histoires chaque fois différentes, restent d'excellente qualité, et ne tombent jamais dans la facilité. Il y a deux constantes chez lui ; un scénario solide et une attention minutieuse portée à ses personnages, qu'ils soient du bon ou du mauvais côté de la barrière.
Ce roman ne déroge pas à la règle. Mieux, il sonne encore comme le plus bel hommage d'un homme pour une création génétique. Car même la "bête" parvient à nous émouvoir malgré les horreurs commises. Sans parler du personnage de Vince dont on a un aperçu glaçant à travers des scènes impressionnantes.

Un rapide résumé de l'histoire : Le sabotage d'un centre de recherche a eu pour conséquence de lâcher dans la nature deux hybrides génétiquement modifiés. L'un, Einstein, va vite trouver sur son chemin un homme en pleine reconstruction, le vétéran Travis Cornell, alors que son Némésis surnommé l'Autre, ivre de jalousie et guidé par des instincts sanguinaires le pourchasse à travers l'Amérique. Mais la bête n'est pas le seul danger que Einstein et Travis vont devoir affronter...

Le récit est haletant, malin, terrifiant ou parfois drôle, souvent émouvant, très bien construit et sans scène inutile, même si on pourrait reprocher des longueurs. Pour moi, ce n'est pas un défaut mais une façon de mieux fouiller l'ambiance. C'est un roman relativement connoté années 90, que ce soit par le biais de son sujet ou même sa rédaction minutieuse. Cela n'a rien d'un livre facile à l'intrigue pré-mâchée comme c'est devenu la norme, de nos jours. Et même si ça reste de la littérature de genre, donc à vocation divertissante, on n'a pas le sentiment d'être pris pour un lecteur décérébré.

A découvrir d'urgence pour les nouvelles générations, et à redécouvrir pour les autres.

J'AI LU, 473 pages


Posté le : 01/07/2015

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Ces dames aux chapeaux verts par Germaine Acrement

Résumé
Son père ruiné s'étant suicidé, Arlette, âgée de dix-huit ans, doit accepter l'hospitalité de ses cousines Davernis. La perspective ne l'enchante guère, ses parentes ayant une solide réputation de vieilles filles ridicules. Sa première journée dans la paisible maison blottie près de la cathédrale confirme ses craintes : Telcide qui régente la maisonnée, Rosalie, Jeanne et même Marie qui n'a guère que trente-cinq ans, ont toutes l'allure de religieuses laïques. N'ont-elles jamais voulu d'autre vie que cette existence plate et quasi claustrale ? Le hasard met entre les mains d'Arlette le journal tenu jadis par l'une d'elles. Qui a rêvé du professeur Ulysse Hyacinthe et vu ses espoirs réduits à néant par une mère vaniteuse, qui jugeait l'élu pas assez brillant ?

Mon avis
Si j'ouvre le bal de mes chroniques avec ce roman, ce n'est pas un hasard ; il fait partie de mon top 10 tous genres confondus, et j'aimerais le partager avec toi, gentil lecteur.

Il est des histoires qui traversent les ans, je suis persuadée que celle-ci en est un parfait exemple, pour plusieurs raisons que je t'expose plus bas.
C'est le genre de roman que l'on découvre dans la bibliothèque familiale, celle qui se transmet de génération en génération, relégué sur l'étagère des livres de poche, entre les bluettes de Delly et les polars du Masque.

On s'amuse d'une couverture pimpante et datée, on se passionne pour un résumé accrocheur, alors on demande aux alentours s'il vaut la peine d'être lu. Généralement, la mère, la grand-mère, la tante nous le placent entre les mains avec l'obligation d'en faire un compte-rendu, une fois lu ! Plus le choix, sous la pression familiale, on n'est pas grand-chose, donc on l'attaque et on n'en décolle plus !

Et en effet, ce livre, on se surprendra à le lire et le relire (merci Môman), juste pour le bonheur de plonger dans une époque révolue où le simple fait de donner du volume à son chignon était perçu comme un signe de la plus extravagante rébellion.

Parmi les arguments qui en font un roman d'exception, et malgré sa date de parution, il y a ce récit intemporel.
Dans les années 1920, contrainte à l'exil au fin fond du Pas-de-Calais (son père, ruiné, s'est suicidé, son frère s'est éloigné afin de reconstruire un semblant de fortune), une jeune fille désargentée est accueillie par des parentes à l'attitude rigide. Ces vieilles filles, dont l'existence austère se marie mal avec la fougue d'une jeune et jolie parisienne, s'avèrent bien moins ennuyeuses que prévu. En particulier lorsque le journal de l'une d'entre elles va révéler à Arlette, notre héroïne, une folle passion contrariée vécue des années auparavant. Endossant le rôle de détective, la jeune femme va tout faire pour réunir les amants malheureux, et contribuer ainsi à son propre bonheur.

Mais il y a aussi cette écriture universelle, moderne et rythmée, qui jongle avec les petits détails du quotidien et des dialogues enlevés. Germaine Acrement manie l'humour avec finesse et beaucoup de tendresse. Son regard lucide sur la petite bourgeoisie de province ne tombe jamais dans la cruauté, offrant à chaque personnage sa rédemption.

[Attention, je te spoile la fin !]
Comme je l'ai souvent regretté, l'épilogue est assez navrant, car il ramène toute l'histoire à quelque chose de moins magique et casse totalement la dynamique du roman.

En dehors de ce couac, c'est pour moi l'un des romans sentimentaux qui m'a laissé les meilleurs souvenirs.

Le LIVRE de POCHE, 383 pages