Banniere



Les chroniques de Juliette

Posté le : 16/10/2016

exemple

Le lagon bleu de Randal Kleiser

Résumé
A la fin du XIX ème siècle et à la suite d'un naufrage, Emmeline, son cousin Richard et Paddy, le cuisinier du bateau, échouent sur une île paradisiaque riche en fruits, eau et poissons. Au fil des jours, ils apprennent à se familiariser avec ce nouvel environnement. La mort de Paddy laisse les deux enfants livrés à eux-mêmes. S'étant adaptés au fil des ans et une fois devenus adolescents, ils finissent par s'éveiller à l'amour...


Qu'en ai-je pensé
Pour qui a vécu son adolescence dans les années 80, Le lagon Bleu ne peut que lui rappeler des souvenirs. C'est l'idée d'une époque révolue, nostalgique, fugace, où la beauté d'une actrice pouvait devenir une référence culturelle, où la sensualité pouvait être montrée sans verser dans la vulgarité, où filmer les amours adolescentes ne signifiait pas pour autant tomber dans la mièvrerie aseptisée des productions US contemporaines.

L'histoire, inspirée de celle de Paul et Virginie, est tirée d'un roman de l'écrivain victorien Henry DeVere Stacpoole.
Elle a été adaptée par un passionné. En effet, Randal Kleiser nourrissait depuis longtemps l'envie d'en réaliser une nouvelle version après celle de 1949 avec Jean Simmons.

Constituée de scènes d'initiation, de romance et d'aventures, cette version-là a su traverser les décennies sans verser dans le kitsch. La splendeur des paysages naturels des îles Fidji, la musique classique d'un romantisme merveilleux, le physique avantageux des acteurs, tout cela a contribué à transformer ce film en œuvre intemporelle d'une beauté plastique évidente.

On ne peut parler de ce film sorti en 1980 sans évoquer Brooke Shields, dont la photogénie éclabousse l'écran. L'actrice deviendra pendant des années LA référence des teen-agers américaines et françaises. Je me souviens encore des romans ado qui la citaient comme exemple idéal de la jeune fille en fleur. Son film suivant, Endless Love la rendra légendaire.

Certes, le jeu des acteurs est assez médiocre, le scénario facile et certaines scènes redondantes. Mais une fois plongé dans le film, les défauts s'effacent, on se laisse happer et emporter par l'expérience.

La fin habile est un modèle du genre ; elle permet à l'aventure de ne pas cesser brusquement et prolonge le rêve (ou le fantasme) de ces Robinson d'un nouveau genre.

Une suite existe, tournée en 1991.
Retour au lagon bleu avec la ravissante Milla Jovovich qui débutait et Brian Krause ("Charmed"), dévoile la vérité sur cette fin mystérieuse, avant d'enchaîner sur une histoire quasi identique et agréable, sans parvenir toutefois à surpasser l'original.


Posté le : 02/07/2015

exemple

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet

Résumé
Amélie Poulain a une idée fixe en tête : rendre les gens heureux. De ses voisins à ses collègues et clients du petit café de Montmartre où elle est serveuse, tout le monde voit un jour sa vie bouleversée par cette jeune fille malicieuse, jusqu'au moment où elle tombe amoureuse d'un employé de sex-shop, collectionneur de photomatons abandonnés. Mais dans l'univers d'Amélie, rien n'est simple.

Qu'en ai-je pensé

Ce Fabuleux destin (...) est clairement l'un des plus jolis films qu'il m'ait été donné de voir.

Comme tu peux t'en douter, je suis très attachée à l'aspect visuel d'une oeuvre. Jean-Pierre Jeunet est de ces réalisateurs qui soignent leur film en s'entourant des meilleurs techniciens du milieu. L'idée précise qu'ils ont de leur récit trouve alors la parfaite résonance dans le travail de leurs collaborateurs.

Amélie Poulain ressemble fort à l'aboutissement d'une vie, même s'il ne s'agit que d'un épisode dans la vie de l'artiste. Chacun a droit à son chef d'oeuvre. Il me semble qu'avec ce film, JP Jeunet a trouvé le sien. Peut-être parce qu'il y a mis une partie de son âme.

C'est particulièrement visible dans ces petites scènes d'enfance d'Amélie, ces jeux qui nous sont si familiers, ces découvertes amusantes, les petits défis personnels qui trouvent souvent un écho stupéfiant dans nos propres expériences.

Ce parfum de nostalgie assumée se retrouve aussi dans la musique et dans l'éclairage de chaque scène. L'histoire, bien que située dans un Paris contemporain idéalisé, prend alors des accents de film d'aventure, malgré une trame plutôt classique (une jeune femme se découvre une vocation d'ange gardien, réussissant par ce biais à pallier son vide sentimental).

Étrangement, JP Jeunet parsème ses instants pudiques d'instantanés plus crus, donnant une couleur très française à son univers. Si le film a connu un beau succès à l'étranger, c'est en partie grâce à tous ces parti-pris, dont la faculté de faire rêver et l'absence de cynisme "premier degré".

Loin d'être noyés dans cet univers très marqué, les acteurs (tous excellents) tirent leur épingle du jeu, chacun bénéficiant au minimum de SA scène. Audrey Tautou campe une fée malicieuse parfois un peu égoïste dans cette volonté d'aider les autres coûte que coûte. Elle y est touchante, agaçante, adorable. J'ai adoré la prestation fine et enjouée de Mathieu Kassovitz, loin de la caricature médiatique qu'il donne de lui. Les nombreux seconds rôles, dont Jamel Debbouze, Rufus, Isabelle Nanty, Serge Merlin et les autres y sont truculents, fous, charmants ou acariâtres mais toujours émouvants.

C'est ce que je qualifie de film doudou qu'on réserve aux moments de détente ou de déprime, ces instants où l'évasion est nécessaire, le genre d'histoire qu'on aime revoir, comme une parenthèse enchantée.